Aller au menu | Aller au contenu
    

Interview Sya Styles pour 5 sur nous

INTERVIEW SYA STYLES
(Le site d'origine n'existe plus, je publie donc l'interview ici, elle date de 2005, avant Enfants de la Lune, on y apprend de nombreuses choses sur la création du groupe entre autre)






5surnous.com donne ce mois ci la parole à DJ Sya Styles, devenu une référence du rap français grâce à ses prestations au sein de Psy 4 de la Rime mais aussi des Turntables Dragunz. A 26 ans, il est considéré par ses pères comme un des tous meilleurs DJ de France. Il se dévoile dans une longue entrevue qu’il nous accorde au célèbre snack Le David, à quelques mètres de la plage marseillaise…





Bonsoir Sya, petite présentation pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Sya Styles, scratcheur et producteur, affilié au groupe Psy 4 de la Rime. J’ai 25 ans, je suis de Marseille, quartier centre ville, à préciser !!! (Il rit).

Donc en fait, tu es le seul du groupe à ne pas être originaire du Plan D’Aou (ndlr : quartier nord de Marseille) ?

Ouais, je suis le seul à venir du centre ville, de ne pas être du Plan d’Aou, mais je connais plus de mecs des quartiers nord que du centre ville. J’ai plus traîné dans les quartiers nord. Parce que à la base, même si les premiers groupes de Marseille, comme Iam ou Fonky Family sont issus du centre ville, il y avait plus d’animations dans les quartiers nord au niveau du rap. Tout ce qui est guinguettes, le studio de La Savine, B-Vice etc., donc c’est vrai qu’on était plus entre La Buisserine et La Savine qu’au centre ville.

Mais y a une rivalité entre le centre ville et les quartiers nord ?

Non, y a pas une rivalité. En fait y a jamais eu de rivalités, mais à un moment y a eu un clash entre les mecs du Plan d’Aou et les mecs du centre ville. C’était pendant la tournée Psy 4, on discutait avec Yves, un mecs des Baffalos (ndlr : équipe de sécurité de la plupart des groupes de rap marseillais), qui est originaire de Belsunce, de qui a lancé la mode à Marseille. Et c’est partie de là en fait, quartiers nord ou centre ville, mais ça se limitait vraiment à ça.

Mais c’était juste un délire entre vous ou ça a vraiment dégénéré ?


Ca a commencé pour délirer, mais après c’est devenu de plus en plus sérieux. Genre un truc tout bête : quel est le mec qui s’est teint en blond en premier ? Est-ce que c’est un mec des quartiers nord ou du centre ville ? Lui il l’a fait en 96, non l’autre il l’a fait avant…enfin des conneries… (Rires).


Ton activité aujourd’hui, c’est Psy 4 ou y a aussi Sya Styles en solo ?

Y a Psy 4, mais y a aussi toujours eu Sya en solo. Parce que avant de m’affilier au groupe, même si on a toujours travaillé ensemble, j’ai voulu exister par moi-même. Ce que j’aime pas, c’est qu’on parle toujours des Dj’s comme étant le DJ de tel groupe. Pour moi, le DJ est un artiste à part entière, qui est capable d’exister sans un rappeur ou sans un groupe. Le deejaying s’est une discipline à part entière.


Les rappeurs ont le même problème. On dira toujours que Soprano, Alonzo, ou Vincenzo sont les MC’s de Psy 4 …

Oui mais un rappeur existe plus facilement en tant qu’artiste, que le DJ d’un groupe. Souvent les gens ne connaissent même pas le nom du DJ d’un groupe.

Comment s’est fait ton entrée dans le hip-hop et dans le deejaying ?


Moi le hip-hop je fricotte avec depuis 1987. Avec mon grand frère j’écoutais les cassettes d’Eric B. et Rakim, sans trop savoir ce qu’étais le rap. J’ai connu H.I.P. H.O.P. (ndlr : la première émission t.v. sur le Hip hop, présenté par le mythique Sidney). On tournait sur la tête sans trop savoir pourquoi. On mettait des baskets avec un jean, on nous appelait des zoulous, c’était mal vu à l’époque…

T’as donc eu une culture hip-hop depuis tout petit en fait ?

Ouais, mais c’était pas la culture hip hop importée des Etats-Unis, comme y a eu à Paris. Nous on a eu ce côté hip hop du quartier, c'est-à-dire qu’on mettait des baskets avec des jeans parce que y avait rien d’autre à mettre. Finalement, on a crée une culture hip hop français même si les trucs venaient des Etats Unis à la base.

Et ton premier contact avec le rap français ?

Premier album d’Iam, Planète Mars, 1991, et premier album d’Ntm aussi, 1990-91. Et là c’est la gifle. Ntm, j’aimais bien le côté rap américain, dans le style, avec des textes crus. Iam, j’aimais plus le côté musical, au niveau des breaks beats, du DJ, des scratches. C’était « du rap français », pas « du rap en français ». C’était plus nuancé par rapport à Ntm, enfin moi je me retrouvais plus dans Iam que dans Ntm.

Dans le hip hop, tu as commencé directe par le deejaying ?

Oh non ! J’ai commencé par la danse, style MC Hammer, de la hype, de la danse debout, plus que du break en fait. Ensuite j’ai rappé avant de me mettre aux platines. J’ai graphé aussi. En fait en tant que B-Boy tu essaies tout et puis après tu restes là où tu te sens la plus à l’aise.

Et les platines ça a commencé quand ?

En fait j’ai commencé en 1994, un dimanche j’étais chez moi à rien faire, et j’ai pris une vieille platine à mon père, avec quelques disques à lui, des grands chanteurs égyptiens. J’ai commencé à bidouiller avec ça avant d’acheter ma première platine et une table de mixage. J’ai galéré deux ans avec une seule platine, c’est peut être pour ça que je suis plus orienté scratches que mix. Et au bout de la troisième année, j’ai eu ma deuxième platine. En fait je considère que j’ai commencé l’été 1995, quand j’ai eu ma première Technics. Je remercie au passage DJ Khéops (ndlr : le DJ d’Iam), que je connaissais pas à l’époque, et qui à accepter de me vendre sa table de mixage Vestax, pour 1500 francs, grâce à Def Bond. Je rêvais d’avoir cette Vestax, modèle 94, pour ceux qui connaissent…c’est le premier modèle, grise, PMC05.

Et c’était celle de Khéops en plus !


Celle de Khéops ! De toute façon, les DJ’s qui m’ont inspiré c’était Khéops, DJ Premier, et par la suite Cut Killer, Eric B, les DJ’s de l’époque en fait.

Tes débuts avec Psy 4, comment ça s’est fait la rencontre ?

C’étai au Lycée des Remparts à Marseille, en 1995. J’étais en 1ère, Soprano était en 2nde, et j’étais aussi dans la même classe que Saleem (chanteur du refrain de « Le son des bandits »), dédicace à lui. Moi en fait, mon premier groupe de rap c’était Instinctive Tempo (ITP), et avec le groupe Afro (ex B-Vice), on a crée le 13ème Cercle. C’était un crew de rappeurs qui regroupait notamment les KDB, qui sont actuellement les Psy 4 de la Rime. Les KDB n’avaient pas de DJ, et comme je m’entendais bien avec Soprano, j’ai fait un concert avec eux.

Mais Soprano, Alonzo et Vincenzo étaient déjà ensemble à l’époque de KDB ?

En fait ils étaient 4 à la base. Le quatrième était aussi au lycée avec nous, c’était Rachid Dyce. Et moi je suis rentré dans le groupe le jour où lui a arrêté. Donc on est toujours resté à 4. Mais c’est vrai qu’au départ on ne s’était pas dit qu’on travaillerait ensemble. Moi j’ai arrêté avec ITP, parce qu’on nous avait fait miroiter nos rêves de gamins. Comme ça ne s’est pas fait, je me suis dit que je voulais me faire un nom par moi-même. Je me suis donné deux ans pour me faire un nom à Marseille. Et là j’ai travaillé avec tous les groupes de Marseille. J’ai travaillé avec GLF, Two Idem, Namor, Phonk Neg, ITP, KDB… Chaque fois ça m’apportait quelque chose de différent, parce que aucun groupe ne travaillait de la même manière. Donc j’ai fait mon expérience de scène et mon nom comme ça, avant Psy 4. Quand j’ai vu que je pouvais bosser avec des mecs comme Rebel, Majestic, Namor, ou Def Bond, qui pour moi sont des grands, et qui m’ont reconnu en tant qu’artiste, alors je me suis dit que je pouvais intégrer complètement un groupe.

Et Psy 4 continuait à tourner de son côté ?

Oui, mais sous la formation KDB. C’est devenu Psy 4 de la Rime quand je les ai rejoint.

Vous avez à peu près quel age dans le groupe ?

Je suis le plus vieux du groupe, j’ai 26 ans, Soprano a 25, Alonzo a fait 22 ans avant-hier, joyeux anniversaire, et Vincenzo a 24 ans.

Parce qu’on a toujours l’impression que Psy 4 vous êtes tous beaucoup plus jeune…

Oui, mais ça c’est parce que à l’époque de 13ème cercle, Psy 4 étaient les plus jeunes. Alonzo n’avait que 12 ans. Ca fait 10 ans qu’il fait du rap. Donc on en fait quand y avait des concerts, Psy 4 c’était toujours « les petits ». Et malheureusement aujourd’hui c’est encore resté.

En plus dans le titre «Le son des bandits », vous faites une dédicace à la « génération 86 », beaucoup ont cru que vous étiez très jeune…

Oui, mais en fait ça n’a rien avoir avec nous. C’est par rapport à la génération de nos grands frères, ceux qui sont nés au début des années 70. Et 1986 c’est l’arrivée de l’héroïne et de la cocaïne dans les quartiers. C’est une année noire, ou beaucoup sont morts ou sont allés en prison. Ca a été une sale époque au Plan d’ Aou et un peu partout dans les quartiers de France pour « les grands frères ». Mais c’est vrai qu’en concert, des minots nés en 1986 pensaient que c’était une dédicace pour eux.

C’est le contact avec Iam qui a ensuite changé les choses pour Psy 4 ?

D’abord y a eu Turntables Dragunz qui a beaucoup fait. En 1997, on a décidé de faire un collectif de deejayz avec DJ Ralph, DJ Majestic et moi. On a fait notre première scène officielle en 1998, et on a enchaîné avec une mix tape. On bossait avec DJ Rebel également, qui a beaucoup contribué à mon éducation du hip hop. Et je m’entraînais souvent avec Soon aussi, qui à l’époque habitait Toulon avant de venir s’installer à Marseille. D’ailleurs la première phase de flair on l’a sorti ensemble, c’est une dédicace pour lui ça, il comprendra lui, et les DJ’s aussi comprendront. Le premier flair qui est sorti c’était dans sa chambre ! Ca a été un grand moment (rires) !!! Djel je le connaissais plus de vu, parce que c’est aussi un mec du centre ville, qui connaissait mon grand frère. On se connaissait tous plus ou moins. Mais sur Turntables on s’est retrouvé qu’à trois parce que on avait un délire précis de scratches purs. Rebel et Soon auraient pu en faire partie, mais c’était moins leur délire. Ensuite y a eu la mix tape de l’Affranchi, on a invité Da Mayor. C’était la première mix tape de scratches en France. C’était en 1998. Ca on en était fier, parce qu’on été les premiers. Ca a pris une ampleur de fou alors qu’au départ on avait fait juste ça pour nous. On a fait la première partie de ASP (Q-Bert, Mix Master Mac, Short Cut) au Canada, c’était un truc terrible. En plus c’est des mecs qu’on admirait grave ! Le fait d’être en collectif, ça fait que pleins de gens nous contacter pour faire leur tournée, pour poser des scratches sur leur album. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé sur le premier album de Freeman (Iam). Il était dans son délire « Fils du dragon », il voulait les « Turntables Dragunz » sur son album.

C’est le premier contact avec Iam ?

En fait Freeman et K.Rhyme le roi je les connaissais du centre ville (rires). C’est toujours pareil, on se croisait tous. Quand on a enregistré l’album de Freeman, j’ai rencontré Khéops et Akhenaton. C’est là qu’il m’a dit qu’il aimait bien ce qu’on faisait avec Psy 4. Akhenaton nous a donc proposé un contrat en édition, et Khéops était intéressé pour un contrat en production. Nous on savait même pas ce que c’était l’édition tout ça…

Quand tu en as parlé aux autres…

On était aux anges ! En gros, c’était Iam veut nous produire ! Mais on était un peu freinés par les problèmes qu’avaient eu Fonky Family. Tout le monde disait « Akhenaton il a niqué FF ». Donc nous s’est dit, bon, on va faire attention. On est allé rencontré les gens de La Cosca, c'est-à-dire Aicha (manager de La Cosca, et épouse d’Akhenaton), et Akhenaton. Et là ils nous ont expliqué ce que c’était l’édition, à savoir la protection des droits, sans nécessairement sortir un disque. Mais Akhenaton savait aussi que Khéops voulait nous produire derrière, nous signer en tant qu’artistes sur son label.

Donc vous avez signé sur le label de Khéops, Sad Hill ?


Non, (il rit) par encore, c’est un peu compliqué en fait. On a gardé les contrats pendant trois mois avant de les signer. On est allé voir tout le monde, 3ème Œil, Carré Rouge, même Fonky Family, et on leur a demandé conseil. En plus à Marseille ça parle vite, tout le monde était un peu au courant. Et tout le monde nous a dit que c’était une bonne opportunité et de pas bloquer sur les rumeurs concernant Iam. Ensuite on a consulté des avocats pour tous les détails juridiques. On voulait savoir ce qu’on allait signer, parce que avec des contrats de 15 pages, tu es vite perdu. On a donc vu que c’était réglo. On a donc signé en édition à La Cosca et en production à Sad Hill. Le feeling était bien passé avec Khéops, donc ensuite on s’est retrouvé sur Sad Hill Impact.

Sad Hill Impact est donc le premier disque à sortie nationale ou on retrouve les Psy 4 de la Rime ?

Ben non en fait. On avait déjà fait une première apparition sur Vague Nocturne, la compilation de Kertra, d’Expression Direkt. Après avoir fait un concert à Mante la Joly, il nous avait remarqué. Et Sad Hill Impact est venu après, avec des morceaux à nous, des featurings avec FF, Chiens de Paille, L’s Kadrille etc… Ensuite on a posé sur la B.O. du film Zonzon. On avait gagné un concert à L’Affranchi avec 45 Niggaz, et là Brahim de la Brigade nous a contacté pour Zonzon. Y a eu aussi un morceau sur Time Bomb de DJ Mars. Puis enfin sur la B.O.de Comme un Aimant. Dans la foulée on s’est séparé de Sad Hill.

Pourquoi avoir quitté Sad Hill ?

Disons qu’on n’avait pas les mêmes objectifs de travail. On ne visait pas la même chose. On privilégiait le rapport humain, on ne voulait donc pas des contraintes d’une majore. On est des gens très très très indépendant. Quand on fait un truc, on le fait entre nous, personne ne s’en mêle. Au départ on se sentait bien là-bas, mais après un an, on s’y sentait moins bien. Ensuite on a eu des problèmes de contrats pour quitter Sad Hill. Il fallait signer ailleurs pour pouvoir quitter Sad Hill. Aicha nous a mis en contact avec des mecs de Paris. Ils sont venus nous voir à Marseille. On lui a fait écouter les morceaux qu’on avait enregistré à La Cosca. Le mec revient il nous dit que c’est terrible, « mais », parce qu’il fallait « un mais » : il manque un tube ! Comment ça il manque un tube ? Nos morceaux ils nous plaisent, on ne cherche pas à ce que ça plaise à tout le monde, pour nous c’est tous des tubes, on est fiers de nos morceaux ! On est sortit de là, on s’est tous dit qu’on ferait rien avec eux, quitte à sortir en auto production.

Y a pas eu la tentation de « faire un tube », quitte à formater un peu un morceau, pour signer en majore ?

Non, jamais, on est très intègres pour ça. On a quatre personnalités différentes, quatre casses couilles, et si il y en a un qui bloque, on marche pas. C’est rare qu’on ne soit pas d’accord sur des grosses décisions. Ce n’est même jamais arrivé.

Sauf sur le titre de meilleur joueur à PES 3 ?

Oui voilà ! Mais c’est les mecs du centre ville comme d’hab ! (Rires). Les grosses décisions ont les a toujours prises ensemble. Mais là on était bloqués avec notre contrat à Sad Hill. Le label 361 d’Akhenaton commençait, mais n’avait aucun artiste à l’époque. On savait qu’on ne pouvait pas faire ce qu’on voulait.

Mais c’est Khéops qui vous bloquait ?

Non c’était Sad Hill. Sad Hill ce n’est pas Khéops, grosse nuance. Comme La Cosca ce n’est pas Akhenaton. Sad Hill, ils sont trois. Donc nous on était au placard jusqu’à ce que Akhenaton nous propose de signer sur 361.

Akhenaton avait le pouvoir de réussir à vous faire résilier votre contrat de Sad Hill ?

Pas le pouvoir, il a fallu trouver des arrangements. C’est des histoires de points sur l’album etc. Mais c’est normal, parce que Sad Hill avait investit sur nous, ils nous ont fait connaître à un certain niveau donc il faut un retour.

Donc y a eu un accord entre Akhenaton et Khéops ?

Non, y a eu un accord entre 361 et Sad Hill. 361 c’est le label, La Cosca c’est l’édition, et Al-Chimy c’est le management. A la base des trois, on retrouve les mêmes personnes : Akhenaton, son frère Fabien, et la femme d’Akhenaton, Aicha. La Cosca c’est plus Aicha, Al Chimy c’est plus Fabien, et 361 c’est vraiment les trois.

Et Psy 4 s’entendait mieux avec 361 qu’avec Sad Hill ?

Même pas, c’est plus sur les conditions de travail. Les conditions d’accès au studio, tout ça, pas sur l’artistique. Personne, dans aucun label, ne nous a dit de changer un refrain ou quelque chose comme ça.

Akhenaton ne vous donne pas son avis sur les morceaux ?

Des avis, des critiques mais c’est une fois le morceau fini. On fait ce qu’on appelle des écoutes générales, avec des gens de La Cosca, des amis à nous, des gens qui n’ont rien à voir avec le rap. On fait écouter 20 titres et les gens notent les morceaux qu’ils aiment. C’est pas forcément par rapport à ça qu’on va les sélectionner ou pas mais ça permet d’avoir un avis extérieur. Si tout le monde dit, par exemple, l’album il est trop sombre, on peut se dire avec un peu de recul, c’est vrai, y a trop d’intrus mélancoliques, faut qu’on trouve plus d’équilibre avec ce qu’on est. Mais personne ne nous a jamais dit d’enlever un morceau.

Et le premier album a mis combien de temps à sortir ?


Ouh, il s’est passé trois ans! Alors que la plupart des morceaux étaient prêts. A 70% l’album était fini. L’instru du « son des bandits » date de 1999. Mais quelque part, en étant bloqué, ça nous a permis de prendre du recul. Et pour un premier album c’est bien en fait. Y a pleins de morceaux qu’on a giclé parce qu’ils ont pas résisté au temps.

Ton morceau préféré sur l’album ?

Euh… (Longue hésitation) En fait, si tu veux…


… Non, ne me dis pas « celui là pour ça », « l’autre pour ça »…juste ton morceau préféré.

(Rires) mais si justement c’est ça ! Y en a c’est pour l’instru, d’autres pour la performance du rappeur… mais bon si j’en choisi qu’un…celui qui représente le mieux le groupe pour moi c’est « Sale Bête ». Parce que l’énergie du morceau, la performance des rappeurs, l’impact sur scène, les boosts, le refrain c’est Psy 4, ouais Psy 4 c’est ça.


Y a eu une stratégie de sortie dans les singles ?

Ce n’est pas une stratégie mais c’est plutôt une logique. Disons qu’une fois que l’album est fini, il faut choisir le premier morceau qui va sortir en single. Assez rapidement on a opté pour « le son des bandits », tout le monde l’aimait bien, nous aussi, il nous représentait bien. On voulait que les gens écoutent ça en premier parce qu’il explique bien comment on arrive et pourquoi on arrive. Après le deuxième c’est Block Party, c’était en plein été. Il fallait montrer aux gens que dans les quartiers on ne fait pas que pleurer, loin de là. On rigole, on s’amuse, comme tout le monde. Les Blocks Party c’est un poste qui tourne, une fenêtre ouverte, une partie de foot ou de cartes…

Ce n’est pas un clip à La Tragédie, avec Humer et Bling Bling…

Ca devait complètement être ça. On a été contacté par une grande production parisienne, on va éviter les noms comme d’hab, il parait que ce n’est pas bien… (Rires). Le réalisateur nous dit qu’il adore le morceau, mais à mon avis il ne l’avait même pas écouté. Mais bon, j’ne vais pas brider son intellect, je lui ai dit de nous envoyer un synopsis. Et quand on reçoit le synopsis, on se demande si on parle bien du même morceau ! Donc on veut que le clip, colle au morceau. On ne veut pas mentir aux gens. On ne leur ment pas dans les morceaux, pourquoi mentir dans les clips ?! J’ai pas de Humer, et mes potes non plus. Donc on a proposer à « Tous des K » (association marseillaise qui travaille sur l’image de la plupart des groupes de rap de Marseille) de faire nos clips. On leur a dit qu’on avait pas de budget parce qu’on est en indépendants mais bon…

Justement, comment fonctionnent « Tous des K », parce que Akhenaton semblait dire que ils permettent à pleins de groupes de faire des clips et pour presque rien…

C’est ça, c’est malheureux mais c’est ça. Enfin c’est malheureux, c’est comme ça. Ils privilégient l’artistique au business. On les paie, mais bon, si il manque un truc pour le clip ils se débrouillent pour te le trouver, sans aller le louer et te le facturer. Ils fonctionnent comme nous, big up à « Tous des K » parce qu’ils font un gros travail, ils font les pochettes, les clips, et ils ne sont pas assez payés, c’est sûr. On les apprécie et ça paiera un jour.

En attendant la sortie du deuxième album, il y a eu la sortie d’un DVD, 100% Psy 4…


Un autre rêve oui ! Un DVD que pour nous. On avait déjà été sur des DVD, comme le Live avec AKH et Chiens de Paille, ou sur Urban Peace…

Un mot sur Urban Peace…

Très très belle expérience, très gros projet que Karim Aklil a réussi à mettre en place et chapeau pour lui. Grâce à ça, il a débloqué beaucoup de trucs, il a bougé les mentalités, il a montré que la rap français ça pesait ! Réunir 45 000 personnes pour du rap français sans qu’il n’y ait la moindre embrouille. Quand t’entend crier les gens c’est énorme, quand FF est monté sur scène, t’avais les frissons…

Pour Psy 4 aussi la scène c’est une spécialité…

On en a fait une spécialité. Y a pas de secrets c’est dix ans de scène ! C’est peut être du fait qu’on s’entende super bien en dehors, ça doit se ressentir sur scène.

Avec notamment pas mal de surprises, dont tu es à l’initiative, comme des changements d’instrus etc…

Ouais j’essaie d’apporter un plus, et je m’efforce de tout rendre possible, qu’on soit pas bridé par la technique. Moi je suis un « turntablist », donc mes platines c’est des instruments. Si un des rappeurs veut un truc, je me débrouille pour le faire. Moi je suis derrière, donc j’ai du recul, ça me donne des idées.

Lors du dernier concert d’Iam à Marseille, vous étiez un des groupes en première partie, et ça a semblez être de l’inédit avec les morceaux du premier album…

Nous on s’est toujours dit qu’on ne ferait jamais deux fois le même concert. D’abord parce qu’on sait pas faire ça. Et puis même quand les trucs te paraissent carré… comment dire, je sais pas si Soprano t’as expliqué « la théorie du carré rond » ? (rires)

Ben justement c’était la question qui suivait, il faut que tu nous éclaires sur cette « théorie du carré rond »…

Alors le carré rond… si tu veux Sopra, c’est un mec de France mais avec des délires du bled (Soprano est originaire des Comores). Donc quand il veut t’expliquer un truc il te l’explique avec la mentalité des Comores. Alors quand il veut te dire que ça doit être carré avec des petits moments freestyles, il te dit : « il faut que ça soit carré rond ! ». C'est-à-dire qu’il faut qu’il y ait des repères, mais qu’on puisse rebondir quand on veut. Et tout Psy 4 tourne autour de ça ! (Rires). Même quand on se manque sur scène, et je te garantis qu’on se manque pleins de fois, on a cette faculté de se reprendre n’importe comment, et qu’on se connaît par cœur. Donc c’est pour ça qu’on fait jamais deux fois le même concert.

Tu donnes ton avis sur l’écriture des textes ?

Oui, on donne tous notre avis sur tout. C’est moi qui ai écrit le refrain de « L’enjeux ». Et puis souvent je rattrape les ptits dérapages grammaticaux. Faut pas oublier que ce sont des Comoriens ! (Rires). Sopra c’est un champion pour ça ! Il peut te sortir des trucs de fous, genre en pleine interview télé « on peut pas avoir le beurre et l’argent du pain ». Nous, pour pas le faire remarquer, on regarde en l’air, on a envie d’éclater de rire. Alors que le mec il écrit trop bien, il a bac +2 quand même. Mais bon, on travaille tout, tous ensemble. Moi je n’écris pas les textes, mais on parle des thèmes ensemble. Si un texte ou une intru ne plait trop à un du groupe, on change direct.

C’est toi qui fait toutes les instrus du groupe ?

La plupart, oui. Mais Sopra en fait aussi, moins parce qu’il écrit ses textes. Sur le premier album, il a produit deux morceaux. Si tu veux dans Psy 4, chacun est vraiment un pilier. Chacun a son truc à faire mais on bosse beaucoup ensemble.

Pour tes productions, tu samples ou tu composes ?

Les deux.

Tu samples de tout, même des trucs surprenants, de la variété…


(Rires) ouais, qui c’est qui t’as dit ça ?! (Rires) Sopra et moi, on a des préférences pour les pianos et violons, mais c’est vrai qu’on prend de tout.

Allez, donne nous une info inédite pour 5surnous.com, un truc que t’as samplé ?

C’est un truc qu’on a pas pris pour le premier album, mais qu’on mettra peut être sur le second, c’est un sample de la B.O.japonaise des Chevaliers du Zodiaque ! (Rires). Comme quoi on sample de tout, on est très ouvert musicalement. Moi je n’aime pas le catalogage rap rap rap. Tu ne peux pas faire du rap en écoutant que du rap. Sinon c’est le serpent qui se mange la queue, y a pas de créativité. La base du sampling c’est de prendre le meilleur de chaque musique.

C’est quoi le dernier disque que tu as acheté ?

Moi je n’achète pas beaucoup de disque, je suis un gros téléchargeur de son !

Tu n’es pas contre le téléchargement gratuit ? Ca fait du mal a beaucoup de groupes, surtout dans le rap français…

Je suis ni pour ni contre, les technologies évoluent, et je vis avec mon temps. On a été le groupe le plus téléchargé à sa sortie, avec 11 000 téléchargements la première semaine. C’est clair que ça fait des ventes et des sous en moins. Mais je pense que si le mec a les sous pour l’acheter et qu’il a aimé ce qu’il a téléchargé, il va aller l’acheter. Si il ne veut pas ou qu’il n’a pas les sous, ça ne me dérange pas.

Justement les chiffres de ventes du premier album ?

On n’est pas encore disque d’or, mais on n’est vraiment pas loin des 100 000 albums. Mais pour en finir sur le téléchargement, j’achète les albums des groupes de rap français que j’aime bien. Je télécharge surtout du rap américain. Le dernier cd que j’ai acheté c’est du reggae ivoirien. Mais maintenant je marche au I-Pod, j’ai toute la Fnac dedans. (Rires). J’écoute de tout, je n’écoute pas un style, j’écoute de la musique. Que ce soit Queen, Banana Rama, ou Aznavour…

Donc tu pourrais sampler du Aznavour… (Rires)

J’ai samplé du Aznavour ! (Rires) Mais faut pas le dire ça, ça coûte cher ça !!! (Rires). Il faut faire attention, y a un nombre de mesures tout ça, y a des risques… Mais bon, le sample c’est la base du rap. Pour moi le hip hop, ça peut être mal interprété, mais c’est synonyme de vandalisme.

Tu ne peux pas dire ça! Ca va à l’encontre du travail des gens qui se démènent pour obtenir des autorisations de concerts, de festivals hip hop etc…

Le graph c’est du vandalisme, le sample c’est du vandalisme! Attention je ne parle pas de vandalisme au sens de foutre le feu à un supermarché. Je dis juste que je ne veux pas qu’il y ait des endroits réservés au graph. Le mec qui graph sur un train, c’est hip hop, je suis down avec ça. Le terme est peut être agressif mais tu comprends l’idée. Après chacun à sa définition du hip hop.

En dehors du hip hop justement, tu fais quoi ?


Ben, déjà je vis hip hop, tout ce que je fais c’est hip hop. Après sinon, y a les arts martiaux.

Les jeux vidéo ? Pes 3 sur Playstation ?

Ah les jeux vidéos ça m’a niqué ma vie ! (rires). Mais à Pes 3 y a pas de meilleurs, parce que sinon après ça va faire des embrouilles ! Alors disons que des fois Alonzo je le pète 5-0 et après il gagne 1-0 il est content ! (rires). Bon Soprano c’est une catastrophe à ce jeu, il a acheté la Play mais ça lui sert à rien. Et Vince c’est comme Alonzo… c’est un bon joueur mais bon…c’est pas des mecs du centre ville. Nous on a ça dans le sang. Le pire c’est que je suis le seul à pas l’avoir la Play, moi je joue que en tournée Psy 4.

Un mot justement pour caractériser chacun des membres de Psy 4 ?

Chacun a une personnalité différente, donc selon le délire, y a des binômes qui se crée. Avec Sopra ont va parler rap, scratches, Vince c’est plus Hi Tech, jeux vidéos. Alonzo c’est un peu plus compliqué parce que au début je ne l’aimais pas. (Rires). Parce que quand on a commencé le groupe, moi j’avais 17 ans, et lui 12, c’était un merdeux. Il ouvrait tout le temps sa gueule, il m’énervait trop. Si par exemple il n’avait pas assez d’invitations pour un concert, il pleurait, il faisait le capricieux, donc au début c’était tendu ! Alonzo, on a un délire un peu plus euh… je peux pas trop parler parce que sinon ça va balancer des dossiers (rires), mais il le sait… On se complète tous. Vince c’est une tombe, il ne parle pas. Sopra c’est le sociable du groupe, il a toujours le sourire, il parle à tout le monde. Il détend toujours l’atmosphère. Alonzo quand il est pas dans son shit euh… (Rires), c’est le mec fashion du groupe ! Si il ne faisait pas du rap, il aurait une guitare et il se tuerait ! (Rires). Chacun a son monde, et son équipe. Nos amis ne pourraient pas s’entendre entre eux, mais quand on devient Psy 4 on fait qu’un seul bloc et c’est la richesse du groupe.

Le deuxième album c’est pour quand ?

Ca fait un an qu’on est en studio et qu’on enregistre des morceaux. Après le premier album on s’est consacré à la tournée, aux concerts, et c’est vraiment très dur de reprendre ensuite le travail en studio. On a fait une erreur d’arrêter complètement le studio pour les concerts. C’est dur d’être assidu au studio après. La scène c’est des automatismes, on en a tellement fait. Là il nous a fallu un an pour se remettre en studio.

Et pendant ce temps les cheveux poussent… (Les Psy 4 se sont fixés de ne pas se couper les cheveux jusqu’à la sortie du prochain album…)

…les cheveux poussent voilà, sauf moi, j’ai tout rasé. Parce que j’ai assez donné sur le premier album. Je suis le seul à avoir tenu. On a dit on coupe pas jusqu’à la sortie, il a mis trois ans à sortir, ben moi j’ai tenu. Tu vois, c’est ça les mecs du centre ville, c’est tout, c’est des faits ! (Rires). Moi je me suis tué au défrisage mais j’ai tenu le coup… (Rires). Enfin bon là, la sortie, on espère, Inch’Allah, pour mars 2005, si tout se passe bien.

Tu peux nous donner des infos concernant ce deuxième album ? Il aura une couleur particulière ?

C’est simple, si on le fait comme on veut, ce sera le même que le premier mais en plus abouti. C'est-à-dire la même ambiance, le même délire, mais en plus abouti. Pourquoi ? Parce que nos vies n’ont pas changé, on fréquente toujours les mêmes personnes, c’est toujours la même routine entre guillemets.

Mais y a des thèmes de l’actualité de ces dernières années, ou de ces derniers mois, qui vous ont inspirés ?

Bien sûr, ça influence mais pas assez pour changer la couleur de l’album, parce que finalement ce qui se passe dans le monde ça change rien sur nos vies. La guerre en Israël et en Palestine, ça dure depuis 40 ans, ce sera pareil, dans 60 ans, mais pour nous ça change rien. Ce qui se passe aux Etats-Unis, le terrorisme, au final ça ne change pas nos vies. Nous les choses on les vit à travers notre quartiers, à travers notre entourage, et chez moi, ça n’a pas bougé.

Est-ce que vous avez l’impression d’avoir un impact, en tout cas une certaine influence sur les gens qui vous écoute ?

On a vu que oui. Sur les concerts on s’est rendu compte que des gens ont attaché de l’importance à des mots ou à des phrases auxquelles toi t’avais pas fait plus attention que ça. Donc du coup, eux (Soprano, Vincenzo, et Alonzo), quand ils écrivent, ils ont vraiment conscience que des gens les écoutent. C’est la différence justement entre le premier et le deuxième album. Là on sait que des gens écoutent. Donc y a plein de choses qu’on voulait faire sur le premier qu’on a pas pu, par faute de moyens et qu’on fera sur le deuxième. Des featurings notamment, je ne peux pas te dire lesquels (rires), parce que ce n’est pas encore signé. Je peux juste te dire que c’est espagnol (rires), tu vois Psy 4 on est ouverts. C’est vraiment un featuring qui nous tient à cœur, on voulait le faire depuis 1997. on la pas fait parce qu’on se disait que les gens ne comprendrait pas un tel featuring sur un premier album. Là on peut se le permettre.

Ce sera donc une connexion très surprenante ?

Pas pour nous parce que bon…enfin, comme c’est pas du rap. C’est de la variété, mais nous ça nous parait normal.

Mais c’est quoi ce featuring !? Dis le moi ???


(Rires) Non, mais c’est pas dur à trouver en plus…je te dirai peut être en off (rires)…

Et on retrouvera des featurings français ?


Non aucun. A l’heure d’aujourd’hui, on ne veut faire aucun featuring. Après je ne te parle pas des gens de notre entourage comme Sale Equipe, L’Algérino, Mino, Ligne 26. Ca c’est pas des featurings parce que c’est des gens avec qui on bosse et ça peut se faire comme ça. Par contre inviter des artistes de Marseille ou de Paris avec qui on n’a pas d’affinités directes, non. Pourquoi ? Parce que on n’a été déçu des réponses sur le premier album. On a contacté des gens parce qu’on aimait bien ce qu’ils faisaient, tu vois dans l’esprit hip hop, et tu tombes face à des agents qui te réclament des points sur l’album, des avances de 1500 euros. Alors que nous on est en indé ! Et finalement ça ne se fait pas. Le hip hop c’est une chose, et le rap s’en est une autre. Le rap c’est un business. Donc pas de featurings avec les gens qu’on côtoient pas.

En ayant fait une tournée avec Arsenik, y a pas eu moyen de faire un titre en commun ?

Y a pas l’envie. Y avait l’envie sur le premier album mais on les connaissait pas, donc c’était plus difficile. Donc après la tournée, il n’y a pas eu l’occasion. Peut être que ça sera fera sur une compile, mais pas sur un album. Y a des contacts, pourquoi pas sur un projet, maintenant qu’on se connaît, si il y a une occasion ça se fera. Sur le premier album, on aurait pu faire un featuring avec Iam ou 3ème Œil, des groupes plus connus que nous et ça nous aurait ouvert des portes, mais on ne l’a pas fait.

Parce que vous n’avez pas voulu et que eux n’ont pas voulu ?

Non, même avec FF on aurait pu, Sat avait posé avec Alonzo sur Sad Hill Impact à l’époque. Mej (Street Skillz) et Djel font une compile avec Le Rat et Soprano. Y a aucun problème entre nous, c’est juste qu’on a pas eu l’occasion. Quand toi t’es sur l’album, eux sont en tournée, des trucs comme ça, mais ça pourra se faire. Après bon, il y a les problèmes entre les maisons de disques…

T’as un dernier message a faire passer ? Un truc à rajouter ?

Ben juste dire que le DVD résume tout. Si tu veux connaître Psy 4, nos délires, nos ambiances, le DVD permet de bien nous comprendre. Et puis achetez du rap français. N’achetez pas n’importe quoi mais achetez du rap français. N’hésitez pas parce que ça fait avancer le truc, y a des mecs qui bossent derrière. Si vous trouvez qu’un album est bon c’est une bonne démarche de l’acheter et de pas le graver. Intéressez vous à toutes les disciplines du Hip hop, essayez d’aller à des concerts, à des battles de breaks. Et essayer de vous intéresser à l’histoire du hip hop, de ne pas s’intéresser au rap qu’en écoutant du rap, mais de voir d’où ça vient. Le hip hop c’est une culture qu’il faut faire vivre, alors si on s’y intéresse, tout le monde y gagne. Faut essayer d’être plus ouvert, s’intéresser au scratching, et éduquer les gens qui ne connaissent pas trop. Enfin faut être hip hop, c’est tout, et être hip hop c’est pas mettre un bagguy ! Le hip hop c’est dans la tête. Et puis big up à 5 sur nous ! Bon si j’ai oublié quelque chose, je veux un droit de réponse (rires) ! Dédicaces au snack le David, les meilleurs sandwiches ils sont là, venez nombreux (rires)!